Articles, Microbiote

Microbiote et Covid-19

Et si notre microbiote pouvait expliquer en partie le Covid-19 ? 

Le Covid-19 est une infection du système respiratoire, des muqueuses nasales jusqu’aux poumons et les symptômes sont localisés dans cette région, comme la toux et la détresse respiratoire. Pour autant, le système digestif et les intestins ne sont pas toujours épargnés. De fait, plusieurs malades souffrent de désordres gastro-intestinaux : diarrhées, vomissements…

Alors nos bactéries intestinales nous protègent-elles?

Une étude baptisée Covibiome vient de débuter à l’AP-HP.

Il y a peu, une bactérie nommée Prevotella, courante chez les humains, pourrait jouer un rôle dans l’infection du Covid-19. À ce jour, il ne s‘agirait encore que d’une théorie selon la communauté médicale. Néanmoins, beaucoup estime que le microbiote pourrait jouer un rôle dans l’infection, ou du moins dans la sévérité de certains cas. 

« On sait aussi qu’il y a des symptômes digestifs chez 5 à 20 % des patients. Il semble que les patients qui ont des symptômes digestifs soient plus fréquemment exposés à une forme grave de la maladie. Et parmi les facteurs de risque de développer une forme grave du Covid-19, vous avez l‘obésité et le diabète, ce que l’on appelle le syndrome métabolique, et on sait que ces patients ont une altération de leur microbiote. »

Il a également été prouvé que la bonne santé ou non de notre microbiote peut influencer la gravité d’une grippe. « On sait que le microbiote intestinal peut moduler la sévérité de ce type d’infection et notamment si on a un microbiote intestinal appauvri. »

« Par exemple, par une prise d’antibiotiques, cela va exposer une forme plus grave de grippe », confirme le professeur Sokol. 

« Inversement, si on a un microbiote enrichi avec notamment une alimentation riche en fibres alimentaires, la grippe va être moins souvent grave et avec des mécanismes qui dépendent de petites molécules produites par le microbiote intestinal qui vont avoir des effets anti-inflammatoires jusqu’aux poumons. »

Les selles de 300 patients infectés par le Covid-19 sont en cours d’analyse et devraient mettre en lumière ou non une certaine corrélation entre la présence de certaines bactéries dans l’intestin et la gravité de la maladie. 

Le gastroentérologue ajoute « Une bactérie ou une molécule qui diminue fortement chez les patients qui vont faire une forme sévère, on peut imaginer la ré-apporter pour essayer d’améliorer les choses.»

Les résultats de cet essai devraient être révélés dans le courant de l’été.

Articles, Astuces & Conseils, astuces-conseils

Tout savoir sur les fibres alimentaires

Les fibres sont des composés d’origine végétale qui sont non digérées dans notre tube digestif, donc acaloriques. Elles appartiennent pourtant à la famille des glucides et sont particulièrement essentielles au bon fonctionnement du transit intestinal. Et pourquoi ? Et bien, la nature est bien faite car si notre corps ne peut s’en servir comme source d’énergie, elles vont alors servir à nourrir nos chères bactéries présentent dans nos intestins, celles-là même qui forment notre microbiote intestinal

Revenons à ces fameuses fibres. Elles sont classées en fonction de leur solubilité dans l’eau c’est pourquoi ilexiste deux catégories : les fibres solubles (pectines, gommes et mucilages) et les fibres insolubles (cellulose, hémicellulose et lignine). Les deux catégories présentent des intérêts différents, c’est pourquoi il est important de consommer l’une et l’autre régulièrement.

Que sont les fibres solubles ?

On retrouve les fibres solubles au coeur des végétaux. On les appelle ainsi car au contact des liquides, ces fibres deviennent visqueuses et favorisent ainsi le glissement des résidus. En effet, les fibres solubles forment un gel qui va coller la paroi intestinale et diminuer le contact des nutriments avec elle. Ainsi ce gel formé va diminuer l’absorption de ces nutriments. Dans l’intestin grêle, les résidus alimentaires s’agglutinent sur les fibres solubles pour être ensuite évacués hors de l’organisme. Dans le côlon, les fibres solubles sont attaquées par les bactéries. 

Où en trouver ? Dans le son d’avoine, les légumineuses et les agrumes. 

Que sont les fibres insolubles ? 

Les fibres insolubles font généralement partie de l’enveloppe des végétaux. Les fibres insolubles, elles, présentent la particularité de fixer l’eau et ont un pouvoir de gonflement très élevé.

Elles vont augmenter ainsi le volume des selles donc accélérer le passage des nutriments dans la lumière intestinale. Ce phénomène diminue d’autant plus les possibilités de contact, et donc d’absorption des nutriments par la paroi intestinale. Elles sont moins facilement attaquées par les bactéries et fermentent donc moins bien. 

Où en trouver ? Dans le son de blé, de nombreux fruits et légumes tels que les choux, sans oublier les pains et les céréales.

Les fibres, un atout santé  

* Satiété et perte de poids:

      Les fibres diminuent la charge glycémique d’un repas, elles augmentent la sensation de satiété et la prolonge dans le temps. Rassasiante, elles participent à la diminution du volume du repas. De plus elles limitent l’absorption des nutriments énergétiques et donc favorise la perte de poids. 

* Prévention du cancer du côlon:

      La diminution du temps de contact des nutriments avec la paroi intestinale limitent leur absorption. On a donc une augmentation de l’évacuation des produits toxiques comme les xénobiotiques.

* Equilibre de la flore intestinale et renforcement du système immunitaire:

        Les fibres sont des prébiotiques qui favorisent la santé de la flore intestinale, elle-même impliquée à 60% dans le système immunitaire

Elles favorisent la flore de fermentation par rapport à la flore de putréfaction.

Quelle quantité de fibres par jour ?

En plus de contrôler l’appétit, les fibres augmentent le volume des selles en retenant l’eau dans l’intestin, ce qui accélère le transit. Or, notre alimentation contient généralement trop peu de fibres : en moyenne, nous en consommons 6 à 20 g par jour, alors que les apports recommandés sont de 30 g au moins. Pour suivre ces recommandations, il est conseillé d’augmenter la consommation de céréales complètes, par exemple en choisissant du pain complet, qui apporte 3 fois plus de fibres que le pain blanc.

Les aliments riches fibres

On trouve généralement des fibres dans :

  • Les légumes secs et légumineuses (lentilles, haricots blancs ou rouges, pois chiches) ; 
  • Les noix et fruits secs (abricots, pruneaux, figues) ; 
  • Les fruits et les légumes frais (choux, épinards, haricots verts, carottes, poireaux, orange, poire, pêche, pomme, agrumes…) ;
  • Les pains complets, les céréales complètes 
  • Les pâtes complètes 
  • Son d’avoine, flocons d’avoine 

Alimentation riche en fibres : gare aux troubles digestifs ! 

On ne peut pas, du jour au lendemain, décider de passer d’une alimentation pauvre en fibres vers une alimentation riche. Il faut laisser à l’organisme le temps de s’adapter. En effet, une absorption excessive et trop rapide de fibres peut entraîner des troubles digestifs désagréables et surtout très inconfortables. Il faut donc se montrer prudent et augmenter de façon régulière les quantités de fibres de son alimentation.

D’autre part, et cela est absolument fondamental, les fibres ont besoin d’eau. Sans cela, elles se révèlent inefficaces. Il est donc nécessaire de boire beaucoup : 1 litre à 1,5 litres par jour.

Articles, Microbiote

Existe-t-il un lien entre microbiote et dépression ?

Vous aussi vous avez déjà eu mal au ventre à cause du stress ? Une angoisse qui monte et c’est le ventre qui s’exprime ? Preuve que notre tête et bien liée à notre ventre, et vice versa.

La dépression est aujourd’hui la première cause d’incapacité dans le monde d’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Il s’agit d’une affection courante dans le monde, qui touche plus de 264 millions de personnes. Elle diffère des sautes d’humeur habituelles que l’on connait toutes et tous, et des réactions émotionnelles passagères face aux problèmes du quotidien. Quand elle perdure et que son intensité est modérée, voire sévère, la dépression peut alors devenir une maladie grave.

Mais comment apparait cette maladie ? Selon de récentes études, un profond déséquilibre du microbiote (=dysbiose) et associée à une inflammation chronique de l’intestin pourraient être à l’origine de certains types de dépression.

On sait aujourd’hui qu’une personne sur dix serait touchée par la dépression au cours de sa vie, et la corrélation entre dépression et les différents facteurs environnementaux (pollution, hygiène de vie, stress, etc) est chaque jour plus évidente. Notamment la détérioration de la qualité nutritionnelle et une possible inflammation intestinale comme énoncé précédemment. C’est pourquoi, les chercheurs se sont penchés sur l’influence que pourrait avoir notre microbiote intestinal sur notre santé mentale, via le nerf vague. Néanmoins, on peut se demander si c’est le microbiote qui cause des dérèglements de l’humeur, ou les états dépressifs qui finissent par dérégler le microbiote.

L’axe intestin-cerveau est un système de communication bidirectionnel. En effet, ce système permet aux bactéries de l’intestin de communiquer avec le cerveau et au cerveau d’envoyer des signaux à l’intestin.

Une revue scientifique de 2018 montre qu’il existerait une forte corrélation entre les symptômes mentaux liés au stress et le syndrome du côlon irritable (SCI), donc une inflammation de l’intestin. En s’intéressant de plus près à cette corrélation, on s’aperçoit que plus de 50 % des personnes souffrant du SCI sont également atteintes de dépression ou d’anxiété. « Ces résultats suggèrent que l’axe intestin-cerveau pourrait fournir de nouvelles cibles essentielles pour la prévention et le traitement de la dépression et d’autres troubles neuropsychiatriques.»

On peut donc en déduire que l’homéostasie de l’intestin, qui dépend de sa richesse et de sa diversité bactérienne, pourrait être essentielle au maintien de la stabilité de l’humeur. Une étude de Brittany L. Mason menée en 2017 sur les liens entre l’alimentation et les conditions psychiatriques montrait que l’augmentation de la perméabilité intestinale (signe de détérioration de la paroi intestinale) est un des facteurs de la dépression. Ainsi, les habitudes alimentaires à long terme influencent fortement la composition du microbiote intestinal, ainsi que les facteurs de stress physiques, psychologiques et environnementaux.

Il a notamment pu être observé que le régime méditerranéen aurait des effets bénéfiques sur les troubles de l’humeur, comme l’a indiqué le Dr Ted Dinan, professeur de psychiatrie à l’University College Corka (Irlande), en entrevue à Psychiatry Advisor. « Il ne fait aucun doute qu’un régime méditerranéen comprenant des aliments fermentés a un impact positif sur la santé mentale des personnes souffrant de dépression», et que «l’exercice, qui a également une puissante activité antidépressive et favorise une plus grande diversité du microbiote, devrait être encouragé chez toutes les personnes souffrant de dépression ».

Néanmoins, prudence, ne sautons pas trop vite au conclusion car l’hypothèse d’un rôle direct du microbiote intestinal dans l’éthiopathogénie des troubles dépressifs associés à un processus inflammatoire se base sur des preuves limitées et ne peut être encore considérée comme établi.

Articles, Microbiote

Notre microbiote intestinal peut-il se modifier ?

Notre microbiote intestinal se modifie chaque jour, à chaque heure même. En effet, vou puisqu’il est constitué de milliards de bactéries qui vivent et meurent dans notre intestin. Fort heureusement, s’elles qui périssent laissent alors place à leurs descendantes. Autrement dit notre microbiote intestinal est relativement stable au cours du temps. Néanmoins, il demeure fragile et certaines perturbations peuvent le modifier et ce sur le long terme. Par exemple, en faisant un traitement de plusieurs jours aux antibiotiques, ces derniers vont éliminer de manière indifférenciée aussi bien les mauvaises que les bonnes bactéries et l’impact sur le microbiote intestinal se fait sentir sur plusieurs mois.

Il est également possible de modifier son microbiote intestinal à plus court terme et positivement. Comment ? Notamment en consommant des probiotiques (= bactéries présentes dans les intestins et pouvant se vendre en pharmacie sous forme de cure) ou des prébiotiques (= fibres qui nourrissent ces bactéries). C’est pourquoi il est important de consommer environ 30 g de fibres par jour pour nourrir et prendre soin de nos bonnes bactéries qui ont un rôle majeur dans notre santé et notre immunité. Mais attention, si on cesse cette consommation de fibres en mangeant essentiellement des produits ultra-transformés (= es arômes et toutes les substances alimentaires qui ne sont pas habituellement utilisées en cuisine et que les industriels utilisent pour imiter les qualités organoleptiques d’un aliment brut)

Néanmoins, Nathalie Delzenne, leader du Metabolism and Nutrition Research Group de l’Université catholique de Louvain, explique qu’il ne faut pas attendre de solutions miracle sans preuve scientifique : « Nous comprenons de mieux en mieux l’influence du microbiote intestinal, mais il n’existe pas à l’heure actuelle de technique permettant de le modifier de façon à influencer notre état de santé qui soit validée par des études d’intervention bien menées par les scientifiques. » En effet, elle ajout « on pense à l’heure actuelle qu’il existe des clusters de bactérie qui ont tendance à coexister dans les intestins». Actuellement, les chercheurs cherchent à classer les personnes par « entérotypes », des types de microbiote intestinal, semblables aux groupes sanguins. Il serait donc possible qu’on appartienne à tel ou tel groupe de bactéries et qu’on ne pourrait pas en changer, ou difficilement. Mieux connaître le microbiote ouvre cependant des pistes de nouvelles approches thérapeutiques pour les médecins.

Articles, Microbiote

Quel impact notre alimentation a sur le microbiote ?

Chacun de nous est quotidiennement confronté aux facteurs en cause dans l’altération du microbiote. On y retrouve par exemple :

– Le stress

– Les infections bactériennes ou virales

– La pratique intensive du sport, générant un stress pour l’organisme

– Les médicaments et surtout les antibiotiques

– Les modifications hormonales

– La consommation d’alcool

– Les toxines, les polluants et les additifs alimentaires

– L’alimentation

L’alimentation a un rôle déterminant dans la composition et la diversité du microbiote. Mauvaise nouvelle, nos habitudes de consommation ont un impact conséquent sur sa diversité :

Les produits gras

Si vous souhaitez prendre soin de votre microbiote, il va falloir diminuer les graisses. En effet, une alimentation trop riche en graisses a une influence directe sur le microbiote intestinal. Une équipe de l’Inserm a étudié les conséquences d’une alimentation riche en lipides sur des souris. Il est essentiel de savoir en amont que les bactéries ne traversent usuellement pas la paroi intestinale, grâce aux peptides antimicrobiens (des protéines naturelles produites par l’épithélium) qui la protègent. Mais, en cas d’alimentation riche en graisses, la production des peptides diminue massivement, notre paroi intestinale perdant alors sa protection. De plus, la famille des Firmicutes augmente considérablement, cette famille de bactéries étant majoritaire chez les personnes en surpoids ou obèses.

Le sel

Vous le savez, l’excès de sel nuit à notre santé. Et les Français consomment presque le double des recommandations quotidiennes de l’Organisation Mondiale de la Santé. Une étude menée sur les souris puis chez l’homme révèle qu’une alimentation trop riche en sel favorise l’hypertension et une augmentation des lymphocytes Th17, en cause dans l’inflammation. En outre, un excès de sel induit une quasi disparition des lactobacilles, bactéries essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. Aussi, allez-y doucement sur la charcuterie, les fromages, les produits transformés et même le pain !

Le sucre

Eh oui, tous nos petits plaisirs coupables nuisent à notre microbiote. Et les effets d’un excès de sucre sur l’organisme sont ravageurs. Tout d’abord, une consommation conséquente de sucre augmente la graisse hépatique, nuisant de fait au foie et favorisant la stéatose hépatique (ou maladie de NASH). De plus, trop de sucre induit inéluctablement à une prise de poids et de graisse corporelle. Encore, comme si cela n’était pas suffisant pour vous faire vider la boîte à bonbons, le sucre favorise une dysbiose, ou déséquilibre, de la flore intestinale. Là, vous regrettez très certainement votre pot de glace ingurgité hier soir…

Les édulcorants

On les connaît trop peu mais ils sont omniprésents dans l’alimentation : sodas lights, confitures, céréales de petit-déjeuner… On y échappe difficilement. Et justement, six des édulcorants les plus courants (aspartame, sucralose, saccharine, neotame, advantame et acesulfame K) ont été passés à la loupe. Car si des liens ont été établis entre les édulcorants et le développement de cancers, de diabète de type 2 ou encore de l’altération de l’activité du microbiote, les mécanismes n’ont pas été mis en lumière. Une équipe de recherche a étudié chacun desdits édulcorants en présence de bactéries Escherichia coli, massivement présentes dans l’intestin, ici génétiquement modifiées afin d’émettre un signal lumineux en cas de présence de substances toxiques. Le résultat est sans appel : ces six édulcorants sont toxiques pour le microbiote. En effet, ces bactéries ont produit de la lumière car elles étaient en présence de substances toxiques, les édulcorants de notre quotidien. Il s’agit bel et bien d’une preuve de l’impact négatif sur la composition du microbiote en présence d’édulcorants artificiels.

Articles, Astuces & Conseils

Probiotiques naturels et équilibre intestinal

Dans cet article, nous aborderons les sources alimentaires riches en probiotiques naturels (= des micro-organismes qui peuplent votre intestin et vous permettent un bon équilibre de votre flore intestinale)

Si nous nous alimentons mal, la muqueuse intestinale devient poreuse de manière anormale et laisse donc passer une grande quantité de bactéries et d’autres molécules qui ne devraient normalement pas passer si vos intestins sont en bonne santé. Ces dernières deviennent alors toxiques pour l’organisme qui les voient comme de corps étrangers. Ainsi, ils arrivent au niveau du foie et des ganglions lymphatiques qui fonctionnent comme des filtres. En règle générale, ils peuvent arrêter et neutraliser les germes et toxines, mais ils sont alors débordés quotidiennement et, au bout d’un certain temps, des pathologies graves peuvent apparaître (cérébrale, musculaire, articulaire, osseuse, viscérale…). D’où l’importance de ne pas négliger ces petits organismes, fortement utiles.

Tout au long du tube digestif, la composition de la flore varie énormément en quantité et qualité. Plus on descend vers le côlon, plus la flore est dense et anaérobie (ne survit qu’en absence d’oxygène).

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent un effet bénéfique sur la santé de l’hôte (c’est-à-dire nous)

Alors quelles sources alimentaires à favoriser pour l’apport de probiotiques naturels ?

– Yaourts et laits fermentés : lait ribot

– Kéfir, Kombucha

– Dérivés du soja : shoyu, tamari, miso, tempeh, natty

– La choucroute crue

– Les olives, cornichons, pickles

– Les bières non pasteurisées

– Les fromages persillés (bleu, roquefort, fourme…) et avec croûte pour les fromages (camembert, brie, Sainte Maure)

– Levure de bière

– Le pain au levain

ATTENTION : le chauffage (pasteurisation, stérilisation…) comme procédé de conservation  diminue le score en probiotique naturel et ne sont pas intéressants. Moins c’est transformé, moins c’est chauffé, plus c’est intéressant.

Articles, Microbiote

Lien entre le microbiote et le diabète de type 1

Dans notre intestin vivent des milliards de bactéries. Cet écosystème, appelé flore intestinale ou microbiote, forme un organe unique, propre à chaque individu. Les chercheurs commencent à identifier ses multiples rôles dans l’organisme. Aujourd’hui, de plus en plus de recherches scientifiques ont notamment permis de mettre en évidence la corrélation entre dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal, et de nombreuses maladies auto-immunes. Que ce soit les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin comme la Maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique), la polyarthrite rhumatoïde ou encore le diabète de type 1.

Concernant le diabète de type 1, des chercheurs australiens sont allés jusqu’à identifier précisément certaines altérations du microbiote intestinal associées à l’apparition d’un diabète de type 1.

Ce diabète, appelé aussi diabète insulinodépendant (DID), représente 10 à 15% des cas de diabète soit environ 300 000 personnes. Il survient le plus souvent chez un sujet non obèse, avant l’âge de 30 ans. Il est dû à la destruction des cellules du pancréas spécialisées dans la production d’insuline (une hormone vitale qui régule le taux de glucose sanguin) : les cellules bêta des îlots de Langerhans. Cette destruction étant la conséquence d’une attaque par les défenses immunitaires du patient.

La cause de cette destruction est auto-immune (action anormale du système immunitaire) : l’organisme ne reconnaît plus les cellules bêta de Langerhans et les détruit via des anticorps et des lymphocytes T. Le glucose ne peut alors plus entrer dans les cellules et retourne dans le sang. Résultat : le taux de glucose dans le sang s’élève. La cause reste néanmoins encore inconnue : on ne sait pas exactement pourquoi elle se déclenche chez certaines personnes et non chez d’autres. Toutefois, plusieurs facteurs favorisants ont été mis en avant :

– Des facteurs environnementaux encore mal connus comme les toxiques, les virus, etc. D’ailleurs, le diabète de type 1 est souvent associé à d’autres maladies auto-immunes ( thyroïdite de Hashimoto, maladie de Basedow, myxœdème idiopathique, maladie d’Addison, maladie de Biermer, vitiligo, maladie cœliaque, etc.) ;

– Une prédisposition génétique au diabète de type 1 liée à certains gènes du système HLA situé sur le chromosome 6.

En revanche, les raisons du déclenchement d’une telle attaque demeurent imprécises.

Les travaux menés par l’équipe du Dr Emma Hamilton-Williams (Université du Queensland, Australie) ont permis de prouver que ces prédispositions génétiques provoquaient tout d’abord des modifications du microbiote intestinal, avec en autres une diminution des populations de Ruminococcus, Lachnospiraceae et des bactéries de la famille Clostridium. Ces modifications étant associées à une perturbation de l’auto-immunité, principalement médiée par l’interleukine 2 (un type de cytokine du système immunitaire, qui contribue à la réponse naturelle du corps à une infection microbienne (en stimulant la prolifération lymphocytaire) et à la différenciation de la réponse des lymphocytes T auxiliaires (en faisant la différence entre les cellules étrangères et personnelles). Dans un premier temps, cette démonstration fut faite sur des souris puis, dans un second temps, sur des humains prédisposés au diabète de type 1. Les auteurs vont désormais engager des essais cliniques d’immunothérapie pour tenter de démontrer qu’en corrigeant la dysbiose, le déclenchement du processus auto-immun pourrait être évité. Une telle découverte offrirait de nouvelles perspectives et de nouvelles voies thérapeutiques non seulement pour les personnes génétiquement prédisposées au diabète de type 1 mais aussi pour tous ceux qui seraient prédisposés à développer d’autres maladies auto-immunes impliquant des perturbations du microbiote intestinal. De quoi donner de l’espoir ! 

Une autre équipe de recherche coordonnée par Julien Diana, chargé de recherche à l’Inserm, s’est elle intéressée aux cathélicidines. Ces molécules sont des peptides (= petites protéines) antimicrobiens connues pour réguler le système immunitaire dans certaines maladies auto-immunes. Ces cathélicidines pourraient donc intervenir dans le contrôle du diabète de type 1.

Cette équipe de chercheurs a eu recours à deux types de souris : l’un en bonne santé et l’autre diabétique. Ils ont alors pu observer que les cellules pancréatiques des souris saines produisent des cathélicidines alors que les souris diabétiques en produisent que très peu. Afin de vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont injecté ensuite les cathélicidines chez les souris malades. Julien Diana conclu « L’injection de cathélicidines réfrène la mise en place de l’inflammation au niveau du pancréas et ainsi, réprime le développement du diabète auto-immun chez ces souris ».

Par ailleurs, la synthèse des cathélicidines est stimulée par des acides gras à chaîne courte produits par certaines bactéries du microbiote. La faible production de ces peptides chez les souris diabétiques pourrait donc bien être liée à une dysbiose. Les expériences ont confirmé que les souris malades présentent un déficit d’acides gras à chaîne courte comparées aux souris en bonne santé. Ils ont alors transférer un échantillon de microbiote de souris saines chez les souris malades, ce qui a permis de rétablir un niveau normal de cathélicidines chez ces souris. Entraînant ainsi une diminution de l’incidence du diabète.

« Ces travaux sont une nouvelle preuve du rôle indéniable du microbiote dans les maladies auto-immunes, plus particulièrement dans le contrôle du développement du diabète auto-immun », affirment les auteurs. 

Jane A. Mullaney et coll. Type 1 diabetes susceptibility alleles are associated with distinct alterations in the gut microbiota. Microbiome 2018 ; 6 : 35 (article publié le 17 février 2018)

Laetitia Furio, Ramine Mecheri, Peter van Endert, Birgitta Agerberth, Julien Diana, Jia Sun  Pancreatic β-Cells Limit AutoimmuneDiabetes via an Immunoregulatory Antimicrobial Peptide Expressed under the Influence of the Gut Microbiota Article VOLUME 43, ISSUE 2, P304-317 (august 18, 2015)

Articles, Microbiote

L’impact des antibiotiques sur votre microbiote

Le stress, la fatigue, une alimentation déséquilibrée ou la prise d’antibiotique réduise la variété des micro-organismes présents dans nos intestins, or leur diversité est fondamentale. Une chute de 30 à 40% de cette diversité peut provoquer l’apparition de certaine maladies chroniques : diabète de type 2, problème hépatique ou cardio-vasculaire. Inversement, en modifiant la composition du microbiote, nous pourrions prévenir certaines pathologies.

De manière générale, tout ce que nous touchons ou absorbons peut être suspecté dans cette perte de diversité. Parmi cette liste une classe de médicament inquiètent plus particulièrement les chercheurs : les antibiotiques. En effet, leur consommation n’a cessé d’augmenter depuis 60 ans. Les antibiotiques sauvent des vies mais à quel prix pour le microbiote ? 

Comme vous le savez dorénavant, nous avons des milliers d’espèces de bactéries dans notre corps. Donc, lorsque nous prenons un antibiotique il est fortement possible qu’une ou deux de ces espèces disparaissent, perdues pour toujours. Probablement pas les bactéries présentes en très grand nombre mais celles qui sont moins nombreuses ont de fortes chances d’être touchées. Les antibiotiques sont conçues pour tuer les bactéries, pour les supprimer et les détruire. Dans l’intestin les antibiotiques font donc l’effet d’une bombe. Conçues pour détruire les bactéries pathogènes, ces derniers tuent indistinctement les bonnes et les mauvaises bactéries provoquant une véritable déforestation de cette flore intestinale pourtant indispensable pour notre santé.

De sérieuses études ont tenté de démontrer la corrélation entre prise d’antibiotiques et perte de diversité au niveau du microbiote. Dans les premières expérimentations, il a été donné des antibiotiques à des souris pendant leur vie entière. Ensuite, nous avons voulu savoir ce qui se passerait si nous leur en donnions seulement pendant un temps réduit. Nous avons alors observé que, dans certains cas, une courte période de prise d’antibiotiques avait un effet à court terme sur le microbiote. Mais il y a t-il aussi un effet à long terme sur le métabolisme des souris ? Et bien oui, en effet il y en a un. Même une courte perturbation du microbiote survenue tôt dans la vie à un effet à long terme sur la physiologie des souris. 

En perturbant le microbiote avec des antibiotiques, les chercheurs observent que les souris prennent du poids. Ils constatent aussi que le système immunitaire est altéré. Certaines souris développent même une inflammation du colon, d’autres de l’asthme. La composition du microbiote est alors modifiée. Au fil des expérimentations, se dessine un constat lourd de conséquences. Le moment de l’exposition aux antibiotiques est crucial. Des antibiotiques donnés à de jeunes animaux ont bien plus d’effet que des antibiotiques donnés à des animaux plus âgés

Et les bébés exposés aux antibiotiques alors ? Cette exposition précoce aurait-elle un rôle dans l’épidémie mondiale d’obésité ? Des études américaines ont montré une corrélation entre consommation d’antibiotiques avant l’âge de 6 mois et risque de développer un surpoids vers l’âge de 7 ans ainsi que des allergies. Ce constat est inquiétant et alarmant mais c’est une réalité. Si les enfants sont obèses ou développent de l’asthme il nous faut en trouver les causes. De plus, si le problème vient de nos bonnes intentions en leur donnant des antibiotiques, nous devons en prendre conscience, et si c’est le cas changer nos pratiques. Il ne faut absolument pas être contre les antibiotiques car ils ont sauvés de très nombreuses vies, il suffirait simplement de mieux les utiliser et plus intelligemment.

Source : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcibr1409799

Articles, Microbiote

L’implication du microbiote intestinal pendant la grossesse

Prise de poids chez la femme enceinte 

Une étude finlandaise offre de nouveaux éléments sur l’étude du microbiote intestinal pendant la grossesse et notamment son implication sur l’augmentation de la masse corporelle des femmes enceintes.

La grossesse est une période de grands bouleversements. Aussi bien hormonaux, métaboliques et immunologiques. Et le microbiote intestinal n’échappe pas à la règle. Nous savons désormais qu’il est affecté par l’obésité maternelle et qu’il a un impact sur santé de la mère comme sur celle de l’enfant à naître.

Des chercheurs ont voulu savoir s’il est également relié à la prise de poids des femmes enceintes.

Deux populations de bactéries dominantes ont alors été identifiées. En effet, l’analyse des microbiotes à 24 semaines de grossesse a montré une dominance de bactéries appartenant aux Firmicutes (53,3 % des femmes) et aux Bacteroidetes (45,9 %), deux espèces qui regroupent la majorité des bactéries composant la flore intestinale chez les êtres humains. Les chercheurs les ont ensuite divisé en deux groupes selon la dominance en Firmicutes ou en Bacteroidetes (28 individus vs 18) afin de corréler ces données aux caractéristiques cliniques.

Mais alors concernant la prise de poids, y a t-il une prédominance bactérienne ?

Il semble que le gain de poids chez les mères au cours de la grossesse est supérieur dans le groupe à prédominance de Bacteroidetes alors que 61 % d’entre elles avaient un poids de départ normal. Parallèlement, le groupe Firmicutes, de taille plus conséquente, était composé à 85,7 % de femmes de poids normal avant leur grossesse.  

Autre point essentiel : la diminution de la diversité bactérienne observée chez les mères avec une dominance des Bacteroidetes, le constat suggère qu’un écosystème intestinal sain est corrélé à un degré élevé de diversité microbienne, contrairement aux pathologies inflammatoires intestinales ou à l’obésité par exemple l’on constate une perte gigantesque de diversité bactérienne. Cette étude soutient alors l’hypothèse du lien entre composition du microbiote digestif et prise de poids durant la grossesse. Malgré tout, des études supplémentaires devront être réalisées sur des groupes plus importants de femmes enceintes et prenant en compte les apports alimentaires, entre autres, afin d’approfondir cette relation.

Rôle chez la femme enceinte

Comme vous le savez sans doutes maintenant, le rôle du microbiote intestinal est important, et ce rôle est essentiellement local mais peut avoir des incidences à distance.

Le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans le maintient des structures nerveuses et immunitaires de la paroi du tube digestif. De plus, lors de la grossesse, le microbiote intestinal va constituer « à distance » les microbiotes placentaire et mammaire.

En effet, récemment, on a mis en évidence chez la femme enceinte des « nouveaux » microbiotes là ou on ne les attendait pas ! On pensait effectivement que le placenta et les glandes mammaires étaient stériles. Or, on sait aujourd’hui qu’il existe un microbiote placentaire et un microbiote mammaire, formés à partir du microbiote intestinal maternel par les cycles entero-placentaire et mammaire :

pastedGraphic.png

Leur rôle lors de la grossesse se révèle essentiel pour la santé du futur nouveau-né, car ils sont à l’origine de la formation du propre microbiote de l’enfant, et de l’induction de son immunité.

Enfin, le microbiote vaginal, qui s’interpose entre la région périnéale, remplie de germes, et l’utérus, qui doit rester stérile a pour rôle principal d’acidifier le milieu vaginal afin d’empêcher le développement d’infections.

Conséquence d’un microbiote maternel déficient

Il existe de nombreuses causes d’altérations du microbiote, en particulier chez la femme enceinte; la plus fréquente sont les antibiotiques (voir article sur les antibiotiques) qui détruisent les bactéries qui composent le microbiote; il y a alors perte de diversité et on peut alors parler de dysbiose. Lors de la grossesse, les conséquences de ces altérations sont importantes pour la santé du futur enfant.

Deux exemples possibles parmi tant d’autres :

  • prématurité en cas de dysbiose vaginale
  • asthme et surpoids pour l’enfant en cas de dysbiose intestinale maternelle

Peut-on agir sur le microbiote !

Heureusement, il est possible d’agir sur un microbiote altéré. Pour cela, on donne des probiotiques, qui sont des « bonnes bactéries » qui vont pouvoir restaurer un microbiote « sain ». Ainsi, une voie toute nouvelle s’est ouverte récemment : interagir sur les micro-organismes de la femme enceinte pourrait générer des bénéfices très importants pour la santé du futur enfant.

Sources : Aatsinki, A.-K. et al. Gut Microbiota Composition in Mid-Pregnancy Is Associated with Gestational Weight Gain but Not Prepregnancy Body Mass Index. J Womens Health (Larchmt) (2018). doi:10.1089/jwh.2017.6488

Articles, Microbiote

Qu’est que le microbiote ?

Qu’est que le microbiote ? 

Le microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons) non pathogènes qui vivent dans un environnement spécifique. Dans l’organisme, il existe différents microbiotes, au niveau de la peau, de la bouche, du vagin etc.  Le microbiote intestinal est le plus important d’entre eux, avec 10^12 à 10^14 micro-organismes. Ce microbiote est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon. Il est réparti entre la lumière du tube digestif et le mucus intestinal, sur l’épithélium. 

La présence de micro-organismes dans l’intestin est connue depuis plus d’un siècle et il a vite été conclu que notre organisme et cette flore intestinale vivaient en symbiose, car aucun ne peut réellement subsister sans l’autre. Mais, jusqu’à maintenant, les moyens techniques permettant d’étudier les détails de cette interaction étaient limités. En effet, seule une minorité de bactéries constituant le microbiote pouvait être cultivée in vitro. 

Le rôle du microbiote intestinal est aujourd’hui de mieux en mieux connu. Nous pouvons désormais affirmer qu’il joue un rôle dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique. En conséquence, la dysbiose, c’est-à-dire l’altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale, est une piste sérieuse pour comprendre l’origine de certaines maladies, notamment celles qui seraient dues à des mécanismes auto-immuns ou inflammatoires.

Un écosystème unique 

À l’instar de l’empreinte digitale, le microbiote intestinal est propre à chaque individu : il est unique sur le plan qualitatif et quantitatif. Parmi les environ 160 espèces de bactéries que comporte le microbiote d’un individu sain, moins de la moitié serait communément retrouvée d’une personne à l’autre. Même s’il existerait une base commune de 15 à 20 espèces nécessaires aux fonctions essentielles du microbiote.

De plus, le microbiote d’un individu se constitue dès sa naissance, lors du contact avec la flore vaginale pendant un accouchement par voie basse, et au contact des micro-organismes de l’environnement. La colonisation bactérienne a lieu de façon progressive, dans un ordre bien précis : les premières bactéries intestinales ont besoin d’oxygène pour se multiplier (bactéries aérobies : entérocoques, staphylocoques…), donc en consommant l’oxygène présent dans l’intestin, elles favorisent indirectement les bactéries anaérobies (bactéroides, clostridium, bifidobacterium, etc).

Puis intervient les facteurs tels que la génétique, le niveau d’hygiène, les traitements médicaux reçus et l’alimentation, qui vont influencer la composition du microbiote intestinal et lui permettre d’évoluer de manière qualitative et quantitative pendant les premières années de vie. Ainsi, des traitements médicaux, des modifications de l’hygiène de vie ou divers événements peuvent venir modifier le microbiote, de façon plus ou moins durable. Par exemple, un traitement antibiotique réduit la qualité et la quantité du microbiote sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Les espèces initiales sont capables de se rétablir en grande partie, mais des différences peuvent alors subsister. Des antibiothérapies répétées au cours de la vie pourraient donc induire une évolution progressive et définitive du microbiote, potentiellement délétère. Néanmoins, nous ne serions pas tous égaux face à ce risque : certains individus auraient un microbiote plus stable que d’autres, face à un même événement perturbateur.