Et si notre microbiote pouvait expliquer en partie le Covid-19 ?
Le Covid-19 est une infection du système respiratoire, des muqueuses nasales jusqu’aux poumons et les symptômes sont localisés dans cette région, comme la toux et la détresse respiratoire. Pour autant, le système digestif et les intestins ne sont pas toujours épargnés. De fait, plusieurs malades souffrent de désordres gastro-intestinaux : diarrhées, vomissements…
Alors nos bactéries intestinales nous protègent-elles?
Une étude baptisée Covibiome vient de débuter à l’AP-HP.
Il y a peu, une bactérie nommée Prevotella, courante chez les humains, pourrait jouer un rôle dans l’infection du Covid-19. À ce jour, il ne s‘agirait encore que d’une théorie selon la communauté médicale. Néanmoins, beaucoup estime que le microbiote pourrait jouer un rôle dans l’infection, ou du moins dans la sévérité de certains cas.
« On sait aussi qu’il y a des symptômes digestifs chez 5 à 20 % des patients. Il semble que les patients qui ont des symptômes digestifs soient plus fréquemment exposés à une forme grave de la maladie. Et parmi les facteurs de risque de développer une forme grave du Covid-19, vous avez l‘obésité et le diabète, ce que l’on appelle le syndrome métabolique, et on sait que ces patients ont une altération de leur microbiote. »
Il a également été prouvé que la bonne santé ou non de notre microbiote peut influencer la gravité d’une grippe. « On sait que le microbiote intestinal peut moduler la sévérité de ce type d’infection et notamment si on a un microbiote intestinal appauvri. »
« Par exemple, par une prise d’antibiotiques, cela va exposer une forme plus grave de grippe », confirme le professeur Sokol.
« Inversement, si on a un microbiote enrichi avec notamment une alimentation riche en fibres alimentaires, la grippe va être moins souvent grave et avec des mécanismes qui dépendent de petites molécules produites par le microbiote intestinal qui vont avoir des effets anti-inflammatoires jusqu’aux poumons. »
Les selles de 300 patients infectés par le Covid-19 sont en cours d’analyse et devraient mettre en lumière ou non une certaine corrélation entre la présence de certaines bactéries dans l’intestin et la gravité de la maladie.
Le gastroentérologue ajoute « Une bactérie ou une molécule qui diminue fortement chez les patients qui vont faire une forme sévère, on peut imaginer la ré-apporter pour essayer d’améliorer les choses.»
Les résultats de cet essai devraient être révélés dans le courant de l’été.

