Notre microbiote intestinal se modifie chaque jour, à chaque heure même. En effet, vou puisqu’il est constitué de milliards de bactéries qui vivent et meurent dans notre intestin. Fort heureusement, s’elles qui périssent laissent alors place à leurs descendantes. Autrement dit notre microbiote intestinal est relativement stable au cours du temps. Néanmoins, il demeure fragile et certaines perturbations peuvent le modifier et ce sur le long terme. Par exemple, en faisant un traitement de plusieurs jours aux antibiotiques, ces derniers vont éliminer de manière indifférenciée aussi bien les mauvaises que les bonnes bactéries et l’impact sur le microbiote intestinal se fait sentir sur plusieurs mois.
Il est également possible de modifier son microbiote intestinal à plus court terme et positivement. Comment ? Notamment en consommant des probiotiques (= bactéries présentes dans les intestins et pouvant se vendre en pharmacie sous forme de cure) ou des prébiotiques (= fibres qui nourrissent ces bactéries). C’est pourquoi il est important de consommer environ 30 g de fibres par jour pour nourrir et prendre soin de nos bonnes bactéries qui ont un rôle majeur dans notre santé et notre immunité. Mais attention, si on cesse cette consommation de fibres en mangeant essentiellement des produits ultra-transformés (= es arômes et toutes les substances alimentaires qui ne sont pas habituellement utilisées en cuisine et que les industriels utilisent pour imiter les qualités organoleptiques d’un aliment brut)
Néanmoins, Nathalie Delzenne, leader du Metabolism and Nutrition Research Group de l’Université catholique de Louvain, explique qu’il ne faut pas attendre de solutions miracle sans preuve scientifique : « Nous comprenons de mieux en mieux l’influence du microbiote intestinal, mais il n’existe pas à l’heure actuelle de technique permettant de le modifier de façon à influencer notre état de santé qui soit validée par des études d’intervention bien menées par les scientifiques. » En effet, elle ajout « on pense à l’heure actuelle qu’il existe des clusters de bactérie qui ont tendance à coexister dans les intestins». Actuellement, les chercheurs cherchent à classer les personnes par « entérotypes », des types de microbiote intestinal, semblables aux groupes sanguins. Il serait donc possible qu’on appartienne à tel ou tel groupe de bactéries et qu’on ne pourrait pas en changer, ou difficilement. Mieux connaître le microbiote ouvre cependant des pistes de nouvelles approches thérapeutiques pour les médecins.
