Articles, Microbiote

Existe-t-il un lien entre microbiote et dépression ?

Vous aussi vous avez déjà eu mal au ventre à cause du stress ? Une angoisse qui monte et c’est le ventre qui s’exprime ? Preuve que notre tête et bien liée à notre ventre, et vice versa.

La dépression est aujourd’hui la première cause d’incapacité dans le monde d’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Il s’agit d’une affection courante dans le monde, qui touche plus de 264 millions de personnes. Elle diffère des sautes d’humeur habituelles que l’on connait toutes et tous, et des réactions émotionnelles passagères face aux problèmes du quotidien. Quand elle perdure et que son intensité est modérée, voire sévère, la dépression peut alors devenir une maladie grave.

Mais comment apparait cette maladie ? Selon de récentes études, un profond déséquilibre du microbiote (=dysbiose) et associée à une inflammation chronique de l’intestin pourraient être à l’origine de certains types de dépression.

On sait aujourd’hui qu’une personne sur dix serait touchée par la dépression au cours de sa vie, et la corrélation entre dépression et les différents facteurs environnementaux (pollution, hygiène de vie, stress, etc) est chaque jour plus évidente. Notamment la détérioration de la qualité nutritionnelle et une possible inflammation intestinale comme énoncé précédemment. C’est pourquoi, les chercheurs se sont penchés sur l’influence que pourrait avoir notre microbiote intestinal sur notre santé mentale, via le nerf vague. Néanmoins, on peut se demander si c’est le microbiote qui cause des dérèglements de l’humeur, ou les états dépressifs qui finissent par dérégler le microbiote.

L’axe intestin-cerveau est un système de communication bidirectionnel. En effet, ce système permet aux bactéries de l’intestin de communiquer avec le cerveau et au cerveau d’envoyer des signaux à l’intestin.

Une revue scientifique de 2018 montre qu’il existerait une forte corrélation entre les symptômes mentaux liés au stress et le syndrome du côlon irritable (SCI), donc une inflammation de l’intestin. En s’intéressant de plus près à cette corrélation, on s’aperçoit que plus de 50 % des personnes souffrant du SCI sont également atteintes de dépression ou d’anxiété. « Ces résultats suggèrent que l’axe intestin-cerveau pourrait fournir de nouvelles cibles essentielles pour la prévention et le traitement de la dépression et d’autres troubles neuropsychiatriques.»

On peut donc en déduire que l’homéostasie de l’intestin, qui dépend de sa richesse et de sa diversité bactérienne, pourrait être essentielle au maintien de la stabilité de l’humeur. Une étude de Brittany L. Mason menée en 2017 sur les liens entre l’alimentation et les conditions psychiatriques montrait que l’augmentation de la perméabilité intestinale (signe de détérioration de la paroi intestinale) est un des facteurs de la dépression. Ainsi, les habitudes alimentaires à long terme influencent fortement la composition du microbiote intestinal, ainsi que les facteurs de stress physiques, psychologiques et environnementaux.

Il a notamment pu être observé que le régime méditerranéen aurait des effets bénéfiques sur les troubles de l’humeur, comme l’a indiqué le Dr Ted Dinan, professeur de psychiatrie à l’University College Corka (Irlande), en entrevue à Psychiatry Advisor. « Il ne fait aucun doute qu’un régime méditerranéen comprenant des aliments fermentés a un impact positif sur la santé mentale des personnes souffrant de dépression», et que «l’exercice, qui a également une puissante activité antidépressive et favorise une plus grande diversité du microbiote, devrait être encouragé chez toutes les personnes souffrant de dépression ».

Néanmoins, prudence, ne sautons pas trop vite au conclusion car l’hypothèse d’un rôle direct du microbiote intestinal dans l’éthiopathogénie des troubles dépressifs associés à un processus inflammatoire se base sur des preuves limitées et ne peut être encore considérée comme établi.

Laisser un commentaire